Cette semaine LES OUBLIES DE LA BELLE ETOILE passe encore mercredi et vendredi
Le film EEPHUS LE DERNIER TOUR DE PISTE passe jeudi et de samedi à mardi
EEPHUS, le dernier tour de piste, de Carson Lund, 2024
Un eephus est une figure de base ball qui consiste à lancer si justement une balle, à lui imprimer une trajectoire tellement parfaite, que le batteur fasciné en oublierait presque de jouer. Mais il n’est nul besoin de connaître les règles de ce jeu pour regarder le film.
A Soldiers’s Field, une petite bourgade de la Nouvelle Angleterre… L’équipe locale s’apprête à disputer un match, les River Dogs contre les Adler’s Paint. Depuis des lustres, l’arbitre, véritable mémoire ambulante, consigne les scores sur un gros registre. Mais cette journée est un peu particulière. Cette rencontre sera la dernière. Sur le terrain, l’on va construire une nouvelle école. Les spectateurs sont constitués de familles et d’amis. Carson Lund (membre d’un collectif de cinéastes indépendants, Omnes Films, également producteur, chef opérateur et monteur) en profite pour écorner durablement le mythe américain du sportif en pleine santé, hyper médiatisé. Les joueurs d’ « Eephus » ne sont émouvants que par leurs faiblesses, sur le terrain et dans leurs vies, douleurs diverses franchement avouées, santé déclinante. A ces maux, ils tentent de remédier en éclusant bière sur bière… Quand parfois une balle récalcitrante s’égare hors du terrain, la caméra contemple la forêt automnale, la chute des feuilles. Le film tient le pari de l’unité de temps et de lieu, l’on ne quitte jamais le terrain et le match amateur se déroule en une journée. La nuit va finir par tomber et comme l’éclairage public ne fonctionne plus, les phares des voitures permettront de terminer la partie. Une ado désabusée, que l’on a sans doute traînée là contre son gré ne peut s’empêcher de maugréer : « ils n’ont rien de plus intéressant à faire ? »
« Eephus » évoque dans son apparente simplicité, (apparente seulement !) le cinéma de R.Altman ou l’univers du nouvelliste R.Carver, à savoir rendre bouleversante la banalité d’une tranche de vie. Au tout début, le présentateur d’une radio locale annonce la réquisition prochaine du terrain, la voix est celle du grand documentariste Frederick Wiseman, ce n’est sans doute pas un hasard.
Pascale Artufel
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