Semaine PATRIMOINE Max OPHÛLS
Mercredi à 20 heures, pour Madame de, nous aurons la présence d'Olivier RONAT, grand animateur et passeur cinéphile
Cette semaine CinéfilAix vous propose deux films de M.Ophüls (1902-1957), MADAME DE et LE PLAISIR.
MADAME DE passe mercredi, vendredi, dimanche et mardi
LE PLAISIR passe jeudi, samedi et lundi
M.Ophüls a d’abord été comédien, puis metteur en scène de théâtre ; il travaille au Burgtheater à Vienne. Il débute sa carrière de cinéaste à Berlin avant de s’exiler en 1933, anticipant les atrocités nazies. Il se réfugie en France, dont il partira de nouveau en 1940, direction les USA. En 1950, de retour, il réalisera, outre les deux films présentés ici, « La ronde » et « Lola Montès »
« Madame de » (1953) et « Le plaisir » (1952) sont tous deux des adaptations littéraires, la première d’un roman de Louise de Vilmorin, la seconde de trois nouvelles de Maupassant. « Madame de » (Danièle Darrieux sans doute dans son plus beau rôle) est une riche bourgeoise mariée sans amour à un homme ennuyeux. Pour éponger les dettes qu’elle a contractées, elle vend à un bijoutier des boucles d’oreilles en forme de cœur et prétend les avoir perdues. Ce bijou devient le fil rouge du récit, en passant de main en main, révélant à chaque fois une parcelle de vie cachée de qui les achète ou les reçoit. Madame de… rencontre un soir le baron Donati, dont elle tombe amoureuse. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, Ophüls avait demandé à la comédienne d'incarner d’abord « le vide » avant que cet amour ne change son existence. Le film raconte la métamorphose de Madame de… qui se met à vivre et à souffrir. Chez Ophüls tout fait sens, magnifiques travellings ou cadrages sophistiqués comme dans la scène où le couple valse avec en arrière- plan, des plantes aux feuillages acérés.
« Le plaisir » comporte trois volets. Dans le premier « Le masque », un homme passe de cabaret en cabaret et danse à perdre haleine au cours d’une nuit parisienne ; le second, « La maison Tellier » raconte une journée à la campagne des pensionnaires d’une maison close ; le troisième, « Le modèle » le coup de foudre et sa conclusion inattendue, entre un jeune peintre et son modèle. Entre deux récits ironiques et grinçants, qui parlent de jeunesse perdue et de remords, Ophüls enchâsse l’histoire des femmes de la Maison Tellier, non moins cruelle mais élégante et lumineuse. Rosa (D.Darrieux) et Rivet (J.Gabin) déjouent durant quelques instants les convenances et leur condition sociale. Dans « La maison Tellier » plus long, et en miroir des deux autres récits, la nostalgie a remplacé le cynisme.
A noter que des cinéastes aussi différents que Truffaut, Demy, ou Kubrick ont souvent parlé de l’admiration qu’ils vouaient à M.Ophüls.
Pascale Artufel
Pour les horaires du Victoria voir https://www.cinemavictoria.fr/horaires/