LES FILLES DU NIL, de Ayman El Amir et Nada Riyadh, 2024
pour les horaires voir https://www.cinemavictoria.fr/horaires/
Deir el Bersha. Un village égyptien à quelques centaines de kilomètres du Caire. Six jeunes femmes passionnées donnent des représentations de théâtre de rue avec des moyens minimalistes, c’est le moins qu’on puisse dire, mais une énergie à déplacer des montagnes. Elles parlent du simple droit de s’habiller comme elles veulent ou de choisir leur époux et confrontent ces désirs aux regards des badauds. De confession copte, elles sont issues d’un milieu familial attaché aux traditions et pratiques religieuses.
Pour les filmer de manière intime et intimiste, N.Ryadh et A. El Amir, ont passé quatre ans auprès elles. Nous
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voyons vivre ces jeunes femmes en famille, entre elles, avec leurs amis et en représentation. Les contraintes quotidiennes apparaissent très vite, et certaines séquences sont tellement sidérantes qu’on les croirait jouées, ce qui n’est pas le cas évidemment, comme celle qui montre l’écrasant mépris d’un frère pour sa sœur, désireuse de partir au Caire et qui s’entend répondre qu’elle ne saurait même pas s’y diriger !
Le temps long du reportage permet des moments d’arrêt, pour voir évoluer les protagonistes et les voir parfois se transformer. Le film pose alors une question qui va bien au-delà du militantisme, si légitime soit-il : quand l’une des héroïnes choisit le mariage, quand un père attentionné cherche à savoir si le renoncement de sa fille au théâtre est un choix dicté par la lassitude ou véritablement mûri ? Le film devient de plus en plus complexe et se pare d’une belle ambiguïté.
Pascale Artufel