deux films cette semaine
L’AMOUR QU’IL NOUS RESTE de Hlynur Pálmason, Islande, 2025
jeudi 18 décembre à 20h
La projection aura lieu en présence de la journaliste Alice de Brancion, spécialiste de cinéma, de politique et de littérature contemporaine, dans la presse écrite et audio-visuelle.
En Islande une artiste débutante Anna, son mari pêcheur Magnus et leurs trois enfants Ida, Grímur et Þorgils mènent des vies parallèles, même si parfois, lorsque Magnas revient d’une campagne de pêche, ils essaient de se « retrouver ».
Anna se bat avec l’éducation de ses enfants, Magnus avec la mer.
Anna se retrouve sans atelier de création et doit se débrouiller pour inventer de nouvelles méthodes artistiques, dans la nature islandaise.
Comme ses œuvres, modelées par le temps et la terre islandaise, le film est un patchwork de scènes de la vie ordinaire, de scènes fantastiques, tout au long des saisons, en l’espace d’une année.
Dominique Merlen
ON FALLING de Laura Carrera, Portugal, 2025
tous les jours sauf jeudi 18 décembre, pour les horaires consulter le site du Victoria
https://www.cinemavictoria.fr/horaires/
On les appelle des « pickers ». Ce terme désigne les employés qui préparent les commandes destinées à être envoyées aux quatre coins de la planète. Justement, Aurora, l’héroïne, en est une. Cette jeune femme portugaise travaille de longues heures dans l’entrepôt de stockage des marchandises d’une grande entreprise de vente par correspondance dont le nom n’est jamais prononcé mais fort simple à identifier… Comme les objets sont dispersés dans les rayons sans aucune logique apparente, Aurora et ses collègues doivent aller les récupérer avec une douchette qui émet un bip dès lors que l’objet recherché est identifié. Ces détails prendront une grande importance dans le récit. Si le nom de Ken Loach apparaît au générique, en tant que producteur, si le sujet semble au début quelque peu similaire de ceux traités par son aîné, L.Carreira s’en éloigne très vite. Car Aurora petit à petit prouve qu’elle n’est pas seulement une victime de ce système aliénant. Ses comportements ambigus, sa capacité à manipuler son entourage ne cessent de surprendre. Nécessité ou perversité ? Le manque d’argent d’Aurora justifie-t-il son attitude envers d’autres esseulés ? Ou bien est-ce pour elle le seul sursaut possible avant un effondrement programmé ? L’intelligence du récit est justement de ne pas en fournir la clé.
En donnant à son film des teintes froides, en refusant à son héroïne une totale empathie de la part du spectateur, tout en lui permettant de gripper la machine bien huilée de son entreprise, L.Carreira dont c’est le premier long métrage, transforme quelque peu ce récit social en film à suspense.
Pascale Artufel
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