SILENT FRIEND
De Ildiko Eyendi (2025)
L’ami silencieux du titre n’est pas un être humain mais un arbre, un ginko biloba sis dans le jardin d’un institut scientifique universitaire « au fin fond de l’Allemagne ».
Si le lieu et l’arbre sont par nature immuables, les époques bougent et s’entremêlent dans le film de I.Eyendi, et pas forcément dans un ordre chronologique. Un scientifique hong-kongais (joué par T.Leung, le comédien de « In the mood for love ») se retrouve isolé dans l’institut avec son gardien, lors de la période covid ; dans les années 70, un groupe d’étudiants portés par l’optimisme ambiant occupe les lieux ; bien longtemps avant, au début du 20ème siècle, l’institut accueille la première étudiante, fort douée dans un domaine jusqu’alors réservé aux hommes…
L’arbre est toujours là, mais il ne se contente pas d’offrir ombre et réconfort, ni d’être un sujet d’étude. Le végétal dans « Silent friend » est observé et filmé dans une démarche empathique et curieuse, donnant lieu à une série d’images scientifiques douces et sensuelles.
Les trois protagonistes, quant à eux, n’utilisent pas le vivant, ils essayent de l’écouter, de capter ses éventuelles réactions. Pour la jeune femme des années 1900, cette relation passe par la photographie, encore balbutiante ; pour l’étudiante des années « flower power » de simples géraniums réservent bien des surprises, les séquences de cette période ne manquent pas d’humour ; le scientifique contemporain doit utiliser les technologies les plus pointues en restant modeste.
A chaque époque, un traitement de l’image différent, noir et blanc contrasté, couleurs saturées ou netteté parfaite du numérique actuel.
La démarche de I.Eyendi est ambitieuse, pour un film à la fois érudit et parfaitement accessible.
Pascale Artufel.
ILes horaires sont sur le site du cinéma Victoria : http://www.cinemavictoria.fr
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La bande annonce est ICI