Du 24 au 30 juin 2026
SEULS LES REBELLES
De Danièle ARBID (2026)
A Beyrouth, Suzanne, veuve d’une soixantaine d’années, porte secours à Osmane, un jeune immigré soudanais, en s’interposant entre lui et ses agresseurs. Entre ce jeune homme rejeté et perdu, victime d’un racisme systémique, et Suzanne, débute une histoire d’amour à contre-courant de tout : des normes, de la politique, de sa famille à elle, de leurs âges respectifs et bien sûr du contexte.
Porté par ses deux interprètes, Hiam Abass et Amine Ben Rachid, le récit prend alors la tournure d’un mélodrame, avec ses coups de théâtre, ses revirements, ses excès, mais à l’instar du beau film de Fassbinder, « Tous les autres s’appellent Ali », auquel « Seuls les rebelles » fait explicitement référence, le film est profondément politique, donnant l’image d’un pays meurtri, prompt à imaginer des violences potentielles : de sa propre famille à ses collègues de travail, il est dit et répété à Suzanne qu’Osmane est un profiteur et un escroc.
Le dispositif mérite attention. D.Arbid souhaitait tourner au Liban, ce qui fut impossible à cause de la triste actualité et de la guerre toujours en cours. Elle a effectué un choix radical, la ville de Beyrouth est omniprésente par écrans interposés devant lesquels jouent les comédiens. Aucun trucage, le dispositif est parfaitement visible. Le couple n’en apparaît que plus fort, davantage menacé peut être.
« Seuls les rebelles » est donc un film hybride, certes très amer, mais flamboyant.
Pascale Artufel
Les horaires sont sur le site du cinéma Victoria : http://www.cinemavictoria.fr
La bande annonce est ICI