CHERS CAMARADES, de Andreï Konchalovsky
PETITE SOEUR, de Véronique Reymond et Stéphanie Chuat
CHERS CAMARADES
Chers camarades ! Bande-annonce VO
Nous avions laissé Andreï Konchalovsky avec son avant-dernier opus MICHEL ANGE où il tentait de restituer à l’écran les visions du génie de la Renaissance. Avec CHERS CAMARADES il revient à sa veine historique contemporaine.
Nous sommes en 1962 à Novotcherkassk, une petite ville du nord du Caucase à 944 km au sud de Moscou. Les 1er et 2 juin les ouvriers de l’usine ferroviaire manifestent et se mettent en grève sous l’action combinée d’une hausse des prix de produits alimentaires décidée par la présidence Krouchtchev et d’une baisse des salaires. Imagine-t-on en pleine période de déstalinisation et de dégel que l’ouvrier, figure de proue du narratif soviétique, puisse revendiquer et ne pas se montrer le plus heureux des hommes en URSS?
La répression est féroce. 30 tués. Outre la reconstitution historique des faits le réalisateur nous conte leur impact sur la vie et les convictions d’un personnage de fiction, Lioudmila, apparatchik, dirigeante locale zélée, sans coeur, affublée d’une fille gréviste qui disparaît pendant la répression et d’un père nostalgique des Tsars.
C’est la monstruosité d’un système qui nous est dépeint. Un système qui privilégie les apparences à ses propres concitoyens: on lave le sang à coup de jets d’eau, on regoudronne la place souillée, on apaise les esprits à grand renfort de festivités, on maintient ce qui reste de l’idéal communiste par le culte du secret et de la dissimulation (les faits seront tus pendant 30 ans).
Un film implacable, en format carré (1,33) et noir et blanc rappelant l’imagerie des années 60. Le film a obtenu le Prix Spécial du Jury à la Mostra de Venise en 2020
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PETITE SOEUR
Petite soeur
Petite soeur Bande-annonce VO
Lisa et Sven sont des jumeaux fusionnels. Pour Sven, Lisa restera toujours sa petite soeur parce qu’elle est née quelques minutes après lui.
Lisa est dramaturge en peine d’inspiration. Sven est acteur vedette au théâtre Schaubühne à Berlin. Il est atteint d’une grave maladie. L’évolution de celle-ci va l’éloigner durablement de la scène. Mais Lisa, face à son mari qui vit esseulé dans les montagnes en Suisse en passe de se voir confier un poste important dans le milieu culturel, face à un régisseur pragmatique, à côté d’une mère fantasque (superbe Marthe Keller), choisit de le porter, de l’encourager, de le réconforter, de tenter même de le soigner par un don de moelle épinière.
Les deux réalisatrices naviguent avec talent dans plusieurs cercles; celui de la famille, celle d’origine avec le frère et la mère, celle que l’on se construit avec le mari et les enfants en s’oubliant soi-même un peu; celui du théâtre avec ses rêves, ses exigences, ses illusions, ses drames.
Le film est fait de matière vivante, de tragédie, de solidarité et de courage, de poésie. On en sort apaisé et serein malgré les séquences douloureuses que traversent Sven.
On notera l’extraordinaire performance des 2 acteurs principaux Nina Hoss et Lars Eidinger.
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