VIVRE, MOURIR, RENAÎTRE, de Gaël Morel, France(2024)
avec la présence exceptionnelle de Gaël Morel le samedi 5 octobre
Pour présenter son film Gaël Morel en évoque deux aspects ; le premier est sa filiation reconnaissante avec A.Téchiné qui le fit découvrir dans « Les roseaux sauvages », le second est la volonté assumée de tourner un mélodrame, une histoire d’amour et de larmes racontée au fil d’une dizaine d’années à dater de 1990 environ et qui résonne avec sa propre histoire.
Sammy et Emma se rencontrent dans le Paris de cette époque, douceur de vivre doublée d’une certaine insouciance. Quelques années plus tard le couple existe toujours, emménage dans un appartement à retaper, ils ont eu un enfant. A ce moment ils croisent Cyril, un jeune photographe déjà renommé qui occupe le studio du dessous. Se noue un triangle amoureux délicat. Pour Sammy, choisir entre Emma et Cyril est impossible. L’équilibre pourrait perdurer lorsque le sida percute leurs vies.
Comme le dit encore Gaël Morel, son film n’est pas davantage un film sur le sida que « Love story » (succès planétaire de l’année 1970), n’était un film sur le cancer. « Vivre, mourir, renaître » porte bien son titre. Les situations brutales existent, la mort est présente, mais même affaiblis, Emma, Sammy et Cyril restent solaires. A chaque instant le cinéaste enveloppe de douceur ses personnages. Il est vrai que l’équilibre était difficile à tenir pour filmer à la fois la violence de la maladie (et l’évidente inégalité des individus qui lui font face) et en même temps garder à l’esprit que « Vivre, mourir, renaître » est une histoire d’amour et de résilience.
Au générique de fin, parmi la longue liste de remerciements figure le nom de Christophe Honoré, et l’on pense bien sûr à son très beau film, avec également un titre en trois verbes « Plaire, aimer et courir vite ».