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Semaine du 19 au 25 juin 2024

Cycle Jean Eustache (3 films)

 

MES PETITES AMOUREUSES

UNE SALE HISTOIRE

NUMÉRO ZÉRO

 

 

Semaine du 19 au 25 juin 2024

Semaine du 19 au 25 juin 2024

 

Semaine du 19 au 25 juin 2024

 

 

 

 

Jean Eustache (1938-1981) a été un cinéaste majeur de la cinématographie française des années 70 et 80. Sa filmographie est partagée entre des films de fiction et des documentaires. Il a marqué les années 70 avec La Maman et la Putain, grand prix spécial du jury à Cannes en 1973. À l’occasion de la ressortie en 2023 de l’essentiel de son oeuvre en version restaurée, CinéFilAix propose trois de ses films qui donnent une idée de la variété de son talent, Mes petites amoureuses, Une sale histoire et Numéro Zéro.  

 

Mes petites amoureuses. On pourrait résumer le film à "quelques mois de la vie d'un garçon, aux environs de sa quatorzième année".

Á une première partie dans la " Douce France " chantée par Charles Trenet au générique, une France paysanne, où l'accord règne encore entre les gens et les paysages, la France des premières communions et des tartines beurrées, des promenades à vélo, succède une seconde partie au soleil brutal et à l'agitation d'une ville du Midi (Narbonne), avec sa foule qui parle fort, sa " promenade " sous les platanes, ses pièges et son indifférence. Deux moments de la vie de Daniel, deux étapes de ses apprentissages.

Quatorze ans, c'est l'âge où l'on est mal dans sa peau. Daniel sort du monde relativement protégé de l'enfance et aborde seul le territoire inconnu des adultes cet enclos réservé, fascinant, qu'on brûle de connaître, l'enclos des filles.

La découverte, les balbutiements de la sexualité, constituent l'un des versants du film de Jean Eustache. L’autre versant est la découverte du monde extérieur, le monde des " autres ", ce qu'on appelle la société, avec ses lois et ses rouages. 

Chez sa grand-mère, dans la France de Charles Trenet, Daniel ignorait qu'il était pauvre. À Narbonne, il entre en apprentissage chez un parent mécanicien. Daniel n'est plus qu'un " commis ", dont les curiosités et les initiatives sont méprisées, un gosse houspillé, solitaire, vaguement honteux, celui qui reçoit des pourboires et des leçons.

Film lucide, dont la dureté est celle de la lucidité. Film à l'image du petit homme qui le traverse. Parfois triste, jamais geignard. Ce n'est pas facile de vivre, mais enfin on ne pleure pas tous les jours. Et, quand les petites amoureuses sont gentilles, il arrive même que le Père Noël ait les yeux bleus.

 

Une Sale Histoire est un diptyque composé en deux volets  (fiction / document). Dans un salon parisien, un homme (Michael Lonsdale côté fiction, Jean-Noël Picq côté documentaire) raconte à plusieurs personnes comment il est devenu voyeur dans les toilettes d’un café, et pourquoi il y prend goût. S’en suit une discussion sur la sexualité, la libération et les tabous. Œuvre culte, énigmatique et mythique, drôle et dérangeante, ordurière et puritaine, “Une sale histoire” a relancé en 1977 le scandale autour de la figure de Jean Eustache.

Sylvain Bich, projectionniste : "C’est un récit sans "représentation", et pourtant… On ne nous montrera rien mais nous verrons tout ! Une histoire racontée, puis rejouée, c’est-à-dire racontée à nouveau ; un même monologue dédoublé comme un auto-remake troublant… Outre la question des genres et de la représentation, du glissement par la répétition du documentaire à la fiction (tout en nous présentant la fiction avant le "documenteur" alors que l’ordre "logique" voudrait l’inverse), le(s) film(s), dans une constante mise en abyme redouble(nt) également notre position de spectateur-voyeur. Nous sommes comme les personnages du film, nous regardons celui qui a vu et, ce que nous entendons nous "donne à voir". "Une Sale Histoire" est une expérience singulière, fascinante, tant par la simplicité du dispositif que par le foisonnement de questions qu’elle soulève…"

 

Numéro zéro. En 1971, Jean Eustache décide de filmer sa grand-mère, Odette Robert, alors âgée de 71 ans. Tout en fumant et sirotant un verre de whisky avec des glaçons, assise à une table de salle à manger, la vieille dame raconte sa vie : le décès de sa mère alors qu’elle avait 7 ans, sa jeunesse malheureuse près de Bordeaux, les deux guerres mondiales, son mariage avec un coureur de jupons, la mort de ses enfants…Après une introduction volontairement muette, d’environ trois minutes, présentant Odette en train de faire ses courses dans un quartier du 17ᵉ arrondissement de Paris en compagnie de son petit fils Boris, Jean Eustache libère le son pour donner la parole à sa grand-mère.

Il va la filmer en temps réel, pendant deux heures, à l’aide de deux caméras. Sans montage (le film est juste entrecoupé par les claps et perturbé par un appel téléphonique), son documentaire redonne toute sa place aux mots, au plus près du visage de sa grand-mère dont la caméra parvient à saisir l’émotion – une cigarette tapotée nerveusement au bord d’un cendrier, une larme vite essuyée d’un revers de mouchoir – derrière un témoignage bouleversant qui, toujours, reste d’une grande dignité.
En pleine remise en question (il ne tournera plus rien jusqu’à son fameux La maman et la putain), le cinéaste décide de repartir de zéro, d’où le titre, et filme le parler vrai de sa grand-mère avec simplicité, sans recherche d’artifices. Revenant au fondement du documentaire, il livre une œuvre brute et désenchantée qui tente de cerner une existence à l’aune de son époque et de sa condition sociale. Un récit soumis aussi aux aléas de la mémoire et du souvenir.

Se filmant en amorce, face à sa grand-mère, Eustache s’inscrit lui-même dans ce récit poignant qu’il reçoit comme un héritage et qu’il nous livre sans filtre. Un témoignage où la mort des êtres aimés rôde en permanence et qui éclaire une partie de sa filmographie.


Dans une époque pressée où l’on s’écoute beaucoup parler, souvent pour ne rien dire, Numéro zéro revient mettre les pendules à l’heure en redonnant sa place au temps, à l’écoute et à l’échange.
Au travers d’un beau et triste parcours de vie, Jean Eustache nous livre une œuvre essentielle qui tire sa force de son extrême simplicité et de son attention donnée au pouvoir des mots. Remarquable.

Pour les jours et horaires de projection cliquer en haut de la page sur NOS PROGRAMMES/CINÉMA VICTORIA

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