2 films
À PAS AVEUGLES de Christophe Cognet
et
FIFI deJeanne Aslan et Paul Saintillan
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À PAS AVEUGLES
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Elles ont été faites à Dachau, Buchenwald, Mittelbau-Dora, Ravensbrück, Auschwitz-Birkeneau par 5 déportés, Rudolf Cisar, Jean Brichaux, Georges Angeli, Wenzel Polak, Joanna Szydlowska, Alberto Errera. Leurs fonctions étaient diverses, service infirmier, labo photo du camp, sonderkommando (unité spéciale composée de déportés chargés du transport et de la crémation des cadavres) …
Entouré d’une équipe de chercheurs et d’historiens le réalisateur Christophe Cognet étudie en laboratoire chaque cliché puis avec son agrandissement sur support transparent effectue un transport sur les lieux à la recherche de la reconstitution la plus affinée possible: retrouver le point exact d’où le cliché pourrait avoir été pris et comparer la vue d’hier à celle d’aujourd’hui.
Un travail de haute précision où rien n’est laissé au hasard: ce que l’on sait de l'identité et du destin de l’auteur, sa fonction dans le camp, l’objet de la photo, son devenir, les détails de l’image, à quel moment elle a été prise, à quel endroit, sous quel angle, à quelle distance…
Dans ce documentaire remarquable on apprend à regarder et comprendre des images, témoignages de temps et de lieux où chacune était question de vie ou de mort.
L’émotion participe de chaque instant, comme lors de la vision de la dernière série de 4 photos prises devant le Krematorium V d’Auschwitz-Birkeneau par le juif grec Alberto Errera dit "Alex" , membre du Sonderkommando (probablement mort dans sa tentative d’évasion du 9 août 1944). Deux d’entre elles montrent une crémation à ciel ouvert. Elles ont été prises depuis l’intérieur de la chambre à gaz. À l’aveugle.
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FIFI
Banlieue de Nancy, une barre d’HLM. Fifi, adolescente de 15 ans, vit au sein d’une famille nombreuse dans un appartement qui se révèle bien étroit pour contenir ses 3 soeurs dont une est mère d’un bébé, un petit-frère du genre agité, sa mère, gentille mais peu structurée, en manque d’autorité, et le compagnon de celle-ci, personnalité à l’unisson.
Dès lors comment Fifi, en manque constant d’argent, vivant de quelques sous grappillés auprès d’une personne âgée pour laquelle elle fait les courses, pourrait-elle gagner un peu d’espace et de liberté.
Elle rencontre de façon inopinée Jade, une ancienne camarade de classe. De passage chez elle, belle demeure vaste et ensoleillée, elle apprend que Jade et sa famille quitteront le logis plusieurs semaines pendant les vacances. Fifi, sur un coup de tête, se saisit en cachette d’un trousseau de clés de la maison, pensant jouir ainsi pendant quelques temps du havre de paix tant désiré.
C’était sans compter la venue surprise du fils de la famille, Stéphane, 23 ans, de moins en moins motivé par ses études en école de commerce, indolent et sans grandes convictions, désabusé, lunaire et doux, qui a décidé brusquement de venir faire le point sur son avenir dans la maison désormais….vide.
Loin de toutes les situations et effets attendus nous assistons à la belle rencontre de deux solitaires qui s’apprivoisent.
Ce premier film des deux réalisateurs Jeanne Aslan et Paul Saintillan distille un charme fou, nous invite à la découverte de deux personnages singuliers ô combien attachants où se mêlent rythme, humour, décalage absurde.
Remarquable duo d’acteurs en symbiose totale, Céleste Brunnquell (vue dans Les éblouis de Sarah Suco (2019) et dans la série TV En thérapie de Éric Toledano et Olivier Nakache (2021)) et Quentin Dolmaire (vu dans Trois souvenirs de ma jeunesse de Arnaud Desplechin (2015), Un violent désir de bonheur de Clément Schneider (2018), Synonymes de Nadav Lapid (2019).
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