FÉVRIER, de Kamen Kalev
Quand lors de son service militaire un officier demandera à Petar d’intégrer les effectifs de la marine il répondra: « Mon grand-père était berger. Mon père était berger. Moi aussi, je serai berger. »
Un destin tracé dont il ne dérogera jamais. Kamen Kalev nous raconte en trois chapitres la vie de Petar, dans la solitude des confins de la Bulgarie rurale; l’enfance, l’âge d’homme, la vieillesse. C’est un éloge à l’authenticité et au renoncement à la modernité. C’est une vie simple pétrie de brebis et de terre, d’oiseaux, d’étendue verdoyante et insulaire. Une invitation à la patience et à la beauté.
On suit l’enfant dans ses moments contraints mais jamais refusés de sa formation de berger tout en gardant sa part de liberté et de rêverie. Puis de sa vie ennuyeuse et répétitive de jeune homme en caserne, son avenir lui étant connu, il sait s’évader par sa passion choisie de l’observation des goélands, passion née dans l’enfance. De sa vie d’adulte on ne saura rien; toutefois quelques photos au mur au détour dune scène nous apprendra qu’elle a été faite d’une vie familiale et sociale.
Une humanité simple et bouleversante nous est donnée jusqu’à la très belle scène finale du vieillard dans la tempête de neige alors que s’élève la sublime voix de Kathleen Ferrier.
Le parcours d’une vie sans histoires, lente et violente, pour un film époustouflant de beauté.
Le film a fait partie de la sélection Festival de Cannes 2020.
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