JUSTE UNE NUIT
de Ali Asgari
| Juste une nuit Bande-annonce VO |
Feretesh n’a jamais informé ses parents de l’existence de son bébé né hors mariage d’une relation sans lendemain. Alors quand ses parents l’informent de leur arrivée inopinée et imminente chez elle c’est le branle-bas de combat pour dissimuler toute trace de l’enfant (invraisemblable ce que ça tient de place toutes les affaires réunies d’un nourrisson) et surtout donner à garder l’enfant l’espace d’une nuit.
Accompagnée de son amie proche Atefeh qui vit dans une résidence universitaire, Feretesh va parcourir les allées et étages de son immeuble et puis toute la ville sollicitant d’abord les plus proches puis des inconnus pour une aide d’une nuit. C’est une litanie de refus plus ou moins motivés (transgresser la loi ou la morale?) ou des aides chichement consenties moyennant quelques billets. L’épopée de cette mère courage est le révélateur de ce qu’est la vie sociale dans un Téhéran saturé d’interdits, notamment ceux relatifs aux relations hors mariage, de bricolages pour contourner la place des moeurs, de suspicions vis à vis des jeunes mères sans mari.
On ne peut faire abstraction des évènements récents en Iran où une jeune femme Mahsa Amini est morte le 16 septembre dernier suite à un contrôle par les gardiens de la révolution pour n’avoir pas correctement porté son foulard. On a vu et lu que des hommes sont venus porter main forte aux femmes dans les rues. Dans le film les aides comme leur refus émanent autant des femmes que des hommes.
Complète réussite de ce film réjouissant où l’obstinée Feretesh et son amie Atefeh tentent de briser les chaînes de la tradition … et de l’oppression.
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